D’abord Nong Rose, maintenant Angie Petchrungruang

Il y a seulement trois mois, en juin de cette année, le plus influent promoteur de Muay Thai, Songchai Ratanasuban, a renversé des décennies de règles strictes du code vestimentaire appliquées au stade Rajadamnern qui interdisaient le port de soutien-gorge de sport ou le port de cheveux longs. Cette décision a permis à Nong Rose Bancharoensuk de faire ses débuts dans le stade historique le 7 juin. Le tout premier combattant transgenre à monter sur le ring de l’arène vénérée et en tête d’affiche, rien de moins. Ensuite, Nong Rose a gagné le combat et son nom a été repris dans tous les médias. Avec plus de 300 combats à son actif, le premier combat de Nong Rose au Rajadamnern n’a pas été une surprise. Depuis, elle a fait deux autres apparitions au Rajadamnern contre Karun “Priewpak” Kaemlam et la star vétéran Muay Thai, Kompayak Singmanee respectivement, et a gagné à ces deux occasions. Il y aurait des plans pour qu’elle combatte au Japon d’ici la fin de l’année et l’avenir semble maintenant tout à fait brillant et prometteur pour cette jeune fille de 21 ans. Le succès de Nong Rose et ses relations avec les fans de Muay Thai semblent avoir ouvert une porte d’opportunité pour les combattants trans dans le pays. Hier soir, mardi 19 septembre, une Angie Petchrungruang relativement inconnue est devenue la première combattante trans à entrer sur le ring du prestigieux stade de Lumpinee. Le Muay Siam Magazine l’a surnommée la “Kathoey aux genoux cruels de Pattaya”. Dans son combat contre le visiblement plus grand Petchsagon, Angie a gagné avec un KO spectaculaire au quatrième round malgré une coupure au-dessus de son œil gauche. La foule s’est déchaînée. Une fois de plus, un kathoey fait sa marque dans le monde du Muay Thai. Comme son nom de combattante l’indique, Angie s’entraîne au Petchrungruang Gym de Pattaya. Le gymnase a reçu beaucoup d’attention grâce à Sylvie Von Duuglas-Ittu, blogueuse et combattante renommée de Muay Thai qui a adopté le camp comme base d’entraînement. L’incroyable voyage d’Angie, de son premier jour à Petchrungruang à son combat historique à Lumpinee, a été bien documenté sur le site Web de Sylvie, 8LimbsUs. Les débuts d’Angie à Lumpinee sont sans doute plus inspirants que ceux de Nong Rose, car ils vont au-delà du maquillage et du soutien-gorge de sport pour la lutte. Angie a commencé sa carrière de combat à l’âge de 30 ans, alors que la plupart des combattants thaïlandais auraient pris leur retraite. Plus remarquable encore, elle a pris des hormones pendant 10 ans et a en fait, développé des seins. Elle est aussi proche qu’il ne le sera jamais d’une femelle d’avoir fait un pas pour se battre dans les rings des plus grands stades de Bangkok. Le combattant de kathoey OG, Nong Toom de la renommée “Beautiful Boxer” est également apparu pour soutenir Angie dans ses débuts à Lumpinee. Ce fut clairement un événement important pour la communauté transgenre en Thaïlande.

Source : Petchrungruang Muay Thai Pattaya Website

Nulle part ailleurs dans le monde les femmes transgenres ne sont aussi socialement acceptées qu’en Thaïlande. Les habitants les appellent kathoeys, ce qui se traduit souvent par ” lady boys “. Plus précisément, le terme désigne les personnes qui sont nées de sexe masculin physiologiquement, mais qui possèdent la psychologie d’une femme. Ou comme le dit le thaïlandais, “un coeur de femme”. Nong Rose’ et Angie’s pourraient-ils signaler un changement dans le paradigme du sport national thaïlandais ? Jusqu’à aujourd’hui, les arènes de boxe thaïlandaises de Lumpinee, Rajadamnern et Channel 7 ont une règle qui interdit aux femmes d’entrer ou même de toucher les rings. Peut-être, juste peut-être, que cette règle pourrait être complètement abolie un jour en faveur d’une nouvelle division féminine au plus haut niveau du sport. Nong Rose affrontera Petsupan le 12 octobre 2017 au Rajadamnern Stadium.

 

Source : Muaythaicitizen.com

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